Genèse

Deux amis à Paris, sur une terrasse (évidemment!), avec une bière (forcément…).

J : Hey ! Dis, je pensais…

R : Ecoute, c’est pas parce qu’on a fait le conservatoire ensemble, qu’on s’aime bien et qu’on se retrouve à Paris, qu’il faut forcément s’engager dans une union si délicate.

J : C’est vrai, les arguments ne tiennent pas.

     R : Mais bon… (son visage s’éclaire, il lève son verre) je suis partant !

Des rêves à n’en plus finir s’égaillent dans leurs têtes, avec l’espoir d’un théâtre de petites mains et de grands cœurs.

      J : Il faudra écrire,

      R : mettre en scène,

      J : jouer,

      R : faire des rencontres,

      J : gagner de l’argent,

      R : atteindre la gloire !

Joséphine Hazard et Robin Egloffe

Eh oui, malheureusement, Joséphine et Robin sont des êtres humains comme les autres, l’hybris les gagne de temps en temps ! Mais c’est pour mieux avancer et trouver au plus vite un public avec lequel ils pourraient partager leurs tendres délires…

La Compagnie du MIRACLE est fondée par Joséphine Hazard et Robin Egloffe en 2020. Réunis par une envie commune de créer un théâtre organique et généreux, le comédien polyvalent est au centre de leur projet. C’est ainsi qu’ils s’attèlent à l’écriture du Misanthrope à l’Elysée, première pierre à l’édifice.

Non dénué d’ironie, leur nom donne aussi une idée de la hauteur du rêve qu’ils poursuivent : surgir contre toute attente, dans l’extra-ordinaire, sans que l’on puisse tout à fait expliquer ce qu’il s’est passé.

Joséphine hazard

Joséphine Hazard

Faire ses khâgnes n’empêche pas de fouler les planches, une occasion pour Joséphine d’être mise en scène avec C’est ici que je suis et voilà mon corps, un montage de texte de Sarah Kane, sous la direction d’Amélie Chalmey.

Après quelques pérégrinations étudiantes et professionnelles en Irlande et en Allemagne, Joséphine achève un master d’Etudes théâtrales à Paris et forme sa pratique au Studio Muller, avant d’intégrer le COP du Conservatoire de Strasbourg.

À sa sortie en 2017, Joséphine joue au sein de la compagnie La Mesnie H, avec Jacques Bachelier et Emma Massaux. Elle se frotte aux classiques et se plaît à transmettre la beauté, la vie et l’intelligence d’une écriture à un public de tous horizons. Son amour pour la langue n’est pas en reste avec George Tabori, où elle devient tour à tour narratrice, mère, fille et officier nazi dans Un Jour d’été.

En 2019, elle découvre l‘auteur Denis Kelly, en assistant le metteur en scène Olivier Chapelet et en jouant pour ADN (Acide désoxyribonucléique), puis elle dirige en 2020 la lecture de Habitam Eternam de Caroline Leurquin au festival « Les Actuelles » qui promeut les textes contemporains. Charmée par cette belle aventure humaine, Joséphine y fait un premier pas enthousiasmant dans la mise en scène.

De retour à Paris, son envie d’écrire et sa soif de jouer l’amènent, avec Robin Egloffe, à fonder la Compagnie du Miracle concrétisant ainsi le désir d’un théâtre de création partagée.

Son travail d’interprète est ponctué d’ateliers avec divers publics : des collégiens qui découvrent le conservatoire, des lycées chargés de remettre le prix Bernard-Marie Koltès, des étudiantes en soins infirmiers qui rencontrent des femmes ayant subi des violences conjugales, des élèves de lycée professionnel…

Animée d’un désir de transmettre et de donner une place au besoin d’expression de chacun, ces ateliers font partie prenante de son travail.

Robin Egloffe

Série S, 15 en math, en physique et en svt. Le post-bac était évident : fac d’Arts du Spectacle !

Il redoublera deux fois sa deuxième année ! La raison est qu’il n’est pas très présent sur les bancs des amphis… mais bien plus souvent sur les planches de théâtres.

Après avoir intégré le Conservatoire de Strasbourg, Robin rejoint rapidement la compagnie Mesnie H sous la direction de Jacques Bachelier, avec qui il jouera deux à trois pièces par an à un rythme effréné durant tout son conservatoire.

Il travaille le répertoire classique avec cette compagnie mais abordera aussi le contemporain avec d’autres et l’improvisation en amateur. Cette dernière pratique sera la passion cachée de Robin : les « vrais » théâtreux se méfiant de cette pratique déviante. Pourtant, c’est aussi grâce à l’improvisation qu’il a pu trouver, plus tard, des réponses artistiques et professionnelles.

Robin Egloffe

Arrivé à Paris en 2018, il intègre le Reactif Théâtre, dirigé par Pascal Castelleta, une compagnie de théâtre forum engagée auprès des populations fragiles. Il aura alors l’occasion de jouer « pour » ou plutôt « avec » des jeunes en difficulté et des prisonniers. Cette puissante expérience, avec un théâtre au service de l’humain, ouvrira encore ses horizons en lui permettant d’envisager un rapport différent au public.

C’est ce rapport qui passionne le plus Robin dans cet art aux multiples branches, qu’il a, pour la plupart, arpentées (classique, contemporain, cabaret, clown, contes…). Le partage, l’échange organique, imprévisible et sublime, Robin arrive à le retrouver dans chacun de ses projets et dans cette compagnie du Miracle tout particulièrement.